Une enquête récente menée auprès de 114 résidents de la commune de Lemba révèle une réalité alarmante : l'urbanisation sauvage dévore les espaces verts et les arbres fruitiers qui faisaient autrefois la fierté de cette zone de Kinshasa. Entre nostalgie et volonté d’agir, les habitants appellent à un sursaut collectif. Par LEADERSHIP POUR L’ENVIRONNEMENT ET LE DÉVELOPPEMENT DURABLE
Autrefois réputée pour sa fraîcheur et ses vergers urbains, la commune de Lemba change de visage, et pas forcément pour le mieux selon ses habitants. Une étude statistique réalisée auprès d'un échantillon représentatif composé à parts égales d'hommes et de femmes dresse un constat sans appel sur la dégradation environnementale des quartiers Mbanza-Lemba, Kemi-Righini, Salongo et Livulu.
Un patrimoine fruitier en voie d’extinction
Le chiffre est frappant : 89 % des personnes interrogées ont constaté la disparition progressive des arbres fruitiers dans leur environnement immédiat. Pour la majorité (61,76 %), ce déclin s'est accéléré au cours des six dernières années.
Le manguier, qui était l'arbre le plus emblématique de la zone (cité par 71,93 % des sondés), ainsi que les avocatiers et les safoutiers, cèdent la place au béton. Interrogés sur les causes de ce désastre, 75,44 % des résidents pointent du doigt l’urbanisation rapide. Les arbres ne meurent pas de vieillesse ; ils sont abattus pour laisser place à de nouvelles constructions (79,82 %) ou convertis en parkings et marchés (12,28 %).
Une population consciente mais délaissée
L'enquêtemenée par LEAD-RDC ( LEADERSHIP POUR L’ENVIRONNEMENT ET LE DÉVELOPPEMENT DURABLE ) révèle également un profond sentiment d'abandon en matière de politique environnementale. Plus de 97 % des répondants déclarent n'avoir jamais observé d'actions de reboisement dans leur quartier. Le peu d'initiatives recensées est porté par des particuliers ou des ONG, et non par les autorités publiques.
Pourtant, le désir de verdure reste vivace. 57 % des habitants affirment ne plus avoir accès à des espaces verts, une privation durement ressentie par cette population majoritairement jeune (près de 40 % ont entre 26 et 40 ans) et instruite (64 % de diplômés universitaires).
L’heure de la mobilisation
Face à ce constat, les résidents de Lemba ne restent pas les bras croisés. Une immense majorité (92,11 %) se dit prête à adhérer à des initiatives de reboisement communautaire. Concrètement, la moitié des sondés (50 %) affirme être disposée à planter elle-même un arbre, tandis que 30 % souhaitent s'investir dans la sensibilisation de leur voisinage.
Pour inverser la tendance, les solutions proposées par la population sont claires :
- Sensibiliser massivement sur l'importance des arbres (41,23 %).
- Obtenir une réelle implication de l'État (28,07 %).
- Instaurer une interdiction stricte de couper des arbres sans l'accord des services de l'environnement (8,77 %).
Serge GATA
sergegata@gmail.com



19 Février 2026
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